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Naturalistes du Bugey

Dans le gène, y'a pas d'plaisir ...

29 Mars 2017, 17:25pm

Publié par Frédérique

... pour le botaniste amateur qui doit s'adapter bon gré, mal gré, au chamboulement intervenu au sein des familles de plantes !

Mais, pour le chercheur,

c'est pur bonheur !

En effet, jusqu'à il y a peu, les plantes supérieures dites angiospermes étaient classées selon des critères morphologiques (Cronquist, 1981),  deux grandes classes distinguaient les monocotylédones ( un seul cotylédon dans la graine), par exemple chez les Liliacées, Orchidacées, Poacées (graminées) et et les dicotylédones, plantes à fleurs pourvues de deux cotylédons comme chez le haricot ou la plupart des fleurs sauvages de nos prairies....

    Depuis ces dernières années, une nouvelle classification basée sur la phylogénie moléculaire*  a été proposée par l'APG (Angiosperm Phylogenetic Group) . Cette classification repose sur la comparaison de séquences d'ADN et est de plus en plus utilisée. Elle a fait l'objet de deux mises à jour (APG II en 2003 et APG III en 2009).

Elle conduit parfois à des regroupements différents des classifications précédentes (par exemple, le genre Veronica appartient aux Plantaginaceae dans la classification APG et aux Scrophulariaceae dans celle de Cronquist,...).

*La phylogénie caractérise la filiation des espèces au cours de l'évolution et, par extension, les relations de parenté entre espèces.

© Michael W. Frohlich

© Michael W. Frohlich

Mais les gènes n'ont pas encore livré tous leurs secrets...et il reste une grande question :

d'où viennent les fleurs ?

Comment est-on passé des Gymnospermes à mode de reproduction rudimentaire, à la fleur qui présente plusieurs innovations ?

" Très récemment, des chercheurs du CNRS/Inra/CEA/Université Grenoble Alpes), en collaboration avec le laboratoire Reproduction et développement des plantes (CNRS/ENS de Lyon/Inra/Université Claude Bernard Lyon 1) et les Jardins de Kew (Royaume-Uni) ont fait un pas de plus pour résoudre ce mystère: pour ce faire, ils ont étudié une plante gymnosperme (plante à ovules nus, comme les conifères) qui peut vivre plus d'un millénaire et pousse dans les conditions extrêmes des déserts de Namibie et d'Angola: Welwitschia mirabilis

chez cette plante (ainsi que chez certains conifères), les chercheurs ont trouvé des gènes similaires à ceux responsables de la formation des fleurs, et organisés selon la même hiérarchie

Le fait de trouver une cascade de gènes similaire chez les plantes à fleurs et leurs cousins gymnospermes indique qu'il s'agit là d'un héritage de leur ancêtre commun, et donc, ce mécanisme n'a pas eu à être inventé au moment de l'origine de la fleur : il a simplement été hérité et réutilisé par la plante, un processus souvent à l'œuvre dans l'évolution. "

pour plus de précisions, voir le communiqué de presse du CNRS:

http://www2.cnrs.fr/presse/communique/4889.htm

© Michael W. Frohlich

© Michael W. Frohlich

Salade de saison, la Gagée velue !

19 Mars 2017, 19:03pm

Publié par texte et photos: Philippe (plus Frédérique !)

Philippe aime bien la cuisine, en particulier les salades et les primeurs, surtout s'ils ne sont pas comestibles !!!

se rappeler, par exemple ceci:

http://naturalistesdubugey.over-blog.com/2016/03/primeurs.html

La "salade" qu'il nous présente aujourd'hui à un goût rare, un goût de fruit défendu...puisqu'il s'agit d'une plante protégée sur tout le territoire que je découvre avec grand plaisir !

Gagea villosa, Gagée velue, puisque c'est d'elle qu'il s'agit est la cousine de Gagea lutea ,  Gagée, Etoile jaune  que je vous ai présentée l'an dernier

http://naturalistesdubugey.over-blog.com/search/gag%C3%A9e/

 

Gagea villosa

Gagea villosa

Voici ce qu'il nous dit:

"Salade de saison 2017-03-16

Si Frédérique m’a demandé des photos « de petite chose », en voici une qui fleurit actuellement : Gagea villosa, encore une compagne des cultures relativement rare, plus petite que Gagea lutea et caractérisée par la pubescence des pédicelles et des tépales

face extérieure des tépales pubescente

face extérieure des tépales pubescente

pédicelles pubescents

pédicelles pubescents

Comme ses cousines Ornithogalum ombellatum & angustifollium, adeptes des mêmes milieux, elle régresse et est absente d’une grande partie de la France.

La première et minuscule station trouvée l’an passé, victime des pneus agricoles, n’existe plus, aujourd’hui, en fouinant, j’ai remis la main sur une autre bien plus fournie, sera-t-elle là l’an prochain ?

Pour l’instant elles sont une date dans mon carnet, et dans mon existence de retraité !

Je laisse à Frédérique le côté didactique, elle adore ça et vous invite à regarder de plus près les franges des cultures : blé, colza… "

Philippe

 

Salade de saison, la Gagée velue !
Salade de saison, la Gagée velue !

J'ajouterai simplement:

elle a 2 feuilles basales étroitement linéaires et des bractées foliaires (2 -3) nettement plus larges que les feuilles basales.

Encore un détail: on voit bien sur la photo grossie : le style également pubescent

Frédérique

Salade de saison, la Gagée velue !

ça sent le printemps !!!

14 Mars 2017, 10:00am

Publié par Société des Naturalistes du Bugey, photos:Frédérique

image prise sur le Web !

image prise sur le Web !

Le printemps est bien là, et avec son retour, la reprise de notre activité botanique !

ça sent le printemps !!!

Dans les bois, déjà les premières Erythronium dens-canis, "Dents de chien"

ça sent le printemps !!!

Les Scilles, Scilla bifolia , recouvrent le sol d'un élégant tapis azuré...

ça sent le printemps !!!

Et les toutes premières Pervenches, Vinca minor, montrent le bout de leurs nez !

ça sent le printemps !!!

devinette 2, solution

10 Mars 2017, 14:04pm

Publié par Frédérique

chatons couverts de givre, en janvier, photo: Frédérique

chatons couverts de givre, en janvier, photo: Frédérique

Avec le deuxième indice, il était facile de trouver ce que représentait la 2 ème photo mystère...

il s'agissait en effet de chatons de Noisetier, Corylus avellana fortement grossis;  jaunâtres, cylindriques, pendants, à écailles obovales trilobées recouvrant 6 à 8 étamines barbues en train de libérer leur pollen au moindre souffle de vent...

Le noisetier avait déjà fait l'objet d'un article en janvier 2014: 

voir:

http://naturalistesdubugey.over-blog.com/2014/01/printemps.html

 

photo: Frédérique

photo: Frédérique

Pour compléter cette publication, un peu d'histoire !

Remontons le temps jusqu'au Néolithique...A cette époque, les fruits sauvages capables de subvenir aux besoins de l'alimentation humaine étaient rares en nos contrées...

"" Les peuplades néolithiques qui associèrent longtemps la cueillette à leur ébauche d'agriculture, ne connaissaient d'autres fruits secs, susceptibles d'être conservés pendant l'hiver, que la noisette et la faîne du Hêtre, puisque le Châtaignier ne fut planté que tardivement au nord de son aire naturelle, puisque le Noyer paraît n'avoir été introduit qu'à l'âge du fer. 

Des sondages et des fouilles entrepris sous la direction du professeur F. Bourdier, en 1955, dans les sédiments du lac de Chalain, à 18 km à l'est de Lons-le-Saunier (Jura), où une vaste cité lacustre avait été découverte en 1904, livrèrent, dans le niveau archéologique le plus ancien, succédant à la phase du Sapin (vers 2500 avant J.-C.), un pourcentage extrêmement important  de pollens de Noisetier.

 

Découverte de la pirogue de Chalain en 1904 ( Bronze final, 1000 av. J.C. ) photo: Wikipedia

Découverte de la pirogue de Chalain en 1904 ( Bronze final, 1000 av. J.C. ) photo: Wikipedia

"Il est probable que l'homme des cités lacustres a favorisé le développement du Noisetier au voisinage de ses habitations, car les noisettes constituent de véritables lits dans les niveaux d'habitat et elles devaient entrer, pour une part notable, dans l'alimentation" (F. Bourdier, Le bassin du Rhône au Quaternaire ).

Les noisettes ne sont pas moins nombreuses dans les palafittes du lac d'Annecy (âge du cuivre) et du lac du Bourget (Bronze final)""

Pierre Lieutaghi, le livre des Arbres, Arbustes et Arbrisseaux

Apprécié par les Grecs et les Latins, aliment précieux en cas de disette, la noisette est restée jusqu'à nos jours l'un des fruits sauvages européens les plus recherchés...

mais jusqu'à quand ???

 

photo: Frédérique

photo: Frédérique

en effet:

"en raison du réchauffement climatique, le front de la limite forestière est en train de grignoter petit à petit les pentes enneigées en remontant vers les cimes. Les arbres poussent désormais plus haut et la forêt s’installe dans des secteurs où il n’y en avait pas. 

Autres conséquences du réchauffement : des espèces d’arbres vont migrer et d’autres disparaître. Ceux qui poussaient plus au sud vont peu à peu remonter vers le nord pour pousser dans des zones plus froides et à plus haute altitude, au détriment des résineux, comme les sapins

. « Dans les montagnes du nord, les hêtres sont en train de prendre le dessus sur les sapins qui disparaissent petit à petit »

Dans le sud, certaines espèces d’arbre sont déjà en train de disparaître, « c’est le cas du noisetier, explique Frédéric Berger*, on peut s’attendre dans un siècle ou deux à sa disparition complète. »

*: ingénieur de recherche en sciences forestières à l' IRSTEA

extrait d'un article de Tatiana LISSITZKY paru dans le journal: Ouest- France

 

 

Haute Maurienne 15 et 16/07...urgent !!!

4 Mars 2017, 15:36pm

Publié par Société des Naturalistes du Bugey

photo: Joel

photo: Joel

3 places sont disponibles pour le mini séjour des 15 et 16 juillet  en Haute Maurienne.

Les personnes intéressées sont priées de contacter Yvette, de toute urgence, au:

04 79 81 10 15

les réservations devant se faire très tôt !